Architectonique

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Aristote qualifie d'architectonique une science logiquement première à une autre. Ceci signifie que ne serait architectonique à toutes les sciences qu'une science qui serait hiérarchiquement première.

Une autre manière de voir serait de considérer une science qui serait commune à toutes les autres, qui serait en quelque sorte une place centrale, une agora des sciences, la grammaire de l'univers.

  • La logique d'Aristote est celle du tiers exclu, mais son syllogisme ne l'est pas : « Le syllogisme est un discours dans lequel, certaines choses (et non pas seulement deux prémisses) étant posées, quelque chose d'autre que ces données en découle nécessairement par le seul fait de ces données »(Topiques, I, 1, 100 a 25 et Premiers Analytiques, I, 1, 24 b 18-20).
  • Jusqu'à Oscar II de Norvège, chacun s'est accommodé d'une syllogistique logique, c'est à dire dialectique, y compris Newton qui avait bien senti l'instabilité des planètes selon ses propres lois (ne serait-ce qu'en cas de choc), mais s'en remettait à la Providence divine pour en faire la maintenance, le "grand horloger de l'univers" des Lumières. Hypothèse faisant sursauter Leibnitz et que ne retenait plus Laplace, et de plus en plus incertaine avec l'émergence des travaux sur la logique mathématique moderne (Frege, Peano).

En 1889 la singularité technologique, (la vraie, n'en déplaise à Google, elle n'est pas californienne mais parisienne) nous arrive.

Poincaré gagne le concours d'Oscar II en répondant par la non résolvabilité du problème à trois corps (stabilité du système Soleil, Terre, Lune ? par exemple : la Lune peut être bottée en touche à tout moment, sans que l'on ait pu le prévoir !). La raison en est que l'univers est "chaotique", c'est à dire qu'il n'est pas logiquement dialectique, mais agoriquement (comme une foule sur une agora) polylectique.

Nous sommes entrés dans la période de la "techné", d'abord avec avec la technologie ce qui en décrit le comment, et maintenant la "technosophie" c'est à dire la sagesse technique, le pourquoi de ses solutions :

  • naturelles (recherche)
  • artificielles (innovation)
  • durables (précaution)
  • conduisant à une "ethitechnique" du traitement des possibles dont la transdisciplinarité complexe est ainsi mise à notre portée, moyennant une pensée et une intelligence artificielle qui réclame d'être elles aussi complexes (Edgard Morin).


Les trois premières réclamations de la transdisciplinarité aux quelles ce blik souhaite aider à répondre sont donc :

  • une agorique qui soit polylectique à la pensée comme la logique lui est dialectique (tiers exclu) et la cybernétique lui est monolectique (séquence action -> énaction -> réaction).
  • une nouvelle race de chercheurs : les "apprenants chercheurs" car toute progression dans une discipline va procéder d'un apprentissage croisé renouvelé dans bien d'autres ; renouvelé car la sérendipité de cet apprentissage, principalement sans doute au sein de débats in vivo et in silico, devrait être mutuellement profitable à tous.
  • l'écriture commune et des moyens partagés d'architectonies qui seront :
  • modèles/grammaires de l'univers implémentables dans nos machines pour qu'elles nous aident à explorer, catalyser, vérifier, réfuter, corroborer des énoncés que l'on ne pourra dire nécessaires que "si et seulement si on peut le[s] déduire d'une fonction propositionnelle satisfaite" (Popper) dans tous les disciplines scientifiques. C'est approfondir la vérité scientifique (Popper ne considère que des "mondes qui ne diffèrent de notre monde, s'ils en diffèrent, qu’eut égard à des conditions initiales." pour considérer des vérités épistémologiquement universelles.
  • ainsi rendu porteurs de méta-paradigmes (au sens du paradigme de Khun) c'est à dire présomption de la, ou d'une, communauté scientifique de savoir comment sont constituées les loi du monde.
  • il est probable que la controverse technosophique des décennies à venir sera de les préciser et de les faire converger. Déjà au sein de la communauté de la Recherche Libre de Montpellier le LERDA spécule sur "ALFA" (Architectonie Libre/Free Architectony) avec l'espoir d'en faire un "filtre d'Occam" pour le XXIème siècle.